15/12/2010

Le Blog au service des associations : présentation au CAP

La neige n'aura pas découragé les plus motivés à venir assister à cette présentation du blog au service des associations. Vous avez été nombreux à participer et votre enthousiasme nous a accompagnés tout au long de la présentation. Retour sur ces deux heures de présentation.

Présentation du CAP, de l'AFD et de Solidaires du monde

Le CAP (Carrefour des Associations Parisiennes) est une structure de soutien de la vie associative à Paris mise en place par la Mairie de Paris. Véritable centre parisien de développement de la vie associative, le CAP organise depuis septembre des temps forts durant lesquels des spécialistes prennent la parole et mènent des réflexions sur leurs projets et les thématiques liées à la vie associative. C'est dans ce cadre que l'Agence Française de Développement (AFD) a été invitée à présenter sa plateforme de blogs Solidaires du monde le 8 décembre 2010.

Unique en son genre, la plateforme Solidaires du monde dispose de nombreuses fonctionnalités partagées : l'agenda, l'annuaire, le Blognotes, la géolocalisation, la personnalisation du design, la gestion des commentaires. Fort de son équipe dédiée, Solidaires du monde offre un accompagnement et un soutien aux blogueurs, qui s'inscrivent ainsi dans une communauté aux thématiques similaires.

Pour la plupart novices dans la pratique d'édition sur le web, les représentants des associations présentes étaient globalement conscients de l'importance de développer leur présence sur le web.

Le blog et les médias sociaux permettent de valoriser et partager des initiatives liées à un projet associatif. Cette présence sur le web suppose une fréquence d'écriture pour fournir une information régulière à une communauté de lecteurs intéressés. Le blog un outil idéal pour aller à la rencontre d'internautes qui partagent des réflexions ou des expériences qui résonnent avec les activités de l'association. Outil gratuit, lorsqu'il est bien utilisé, sa portée peut être importante.


Télécharger la présentation en .pdf (2 Mo) - Voir d'autres présentations de l’équipe Solidaires du monde.


Nous pensons organiser avec le CAP une deuxième session pour approfondir et développer les notions d'écriture qui ont été au cœur de notre atelier créer et animer un blog au Wisertuesday de la Ruche, pour insister sur des notions de référencement, et développer les interactions entre blogs et réseaux sociaux.

En attendant, vous pouvez retrouver de nombreux tutoriels sur le blog De Nous à Vous que nous animons : de l'information dans la gestion quotidienne de votre blog ( publier une note, insérer une image, mettre des tags, etc.) à des conseils plus techniques pour vous insérer pleinement dans la mouvance 2.0 (Insérer un flux Twitter, un Flux Delicious, un bouton Like de Facebook, entre autres) en passant par des astuces pour augmenter la visibilité de votre blog.

Votre avis est le bienvenu pour compléter cette note, nous donner vos impressions et poser vos questions afin de prolonger la présentation.

Pour aller plus loin :

 

20:18 Publié dans Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blogueurs, associations, solidarité, afd, solidaires du monde, cap |

01/06/2010

Web Diversity: vivre avec la censure

Autour de Laurent Giacobino, d'Internews Europe ; de Julien Pain, du site Les Observateurs (France 24) ; de Lucie Morillon, responsable de la section Internet et Libertés Reporters sans Frontières et d'Arache Djannati-Atai, Président de Move4Iran, le débat « Vivre avec la censure », lors de la journée Web Diversity le 21 mai dernier, a largement été illustré par la situation iranienne lors des élections de juin 2009.

 

Petit rappel historique

Les élections du 12 juin 2009, reconduisant  Mahmoud Ahmadinejad à la tête du pays pour 4 ans ont été fortement Ahmadinejad .jpgcontestées au niveau national mais aussi mondial. Les résultats officiels donnant 62,6% des voix pour Ahmadinejad contre 33,7 % pour Mir Hossein Moussavi, et 85 % de participation ont été remis en cause, les accusations de tricherie et de corruption se sont propagées à vitesse grand V.

Dès le lendemain, des manifestions civiles importantes étaient réprimées dans la violence.

Pour tenter de contourner la censure en place et révéler les répressions, des milliers d'iraniens ont utilisé les réseaux Internet et mobile comme outils de communication. La mort filmée de Neda Agha Soltan, jeune fille tuée dans la foule par les policiers, a fait le tour de la toile en moins de 48 heures, c'est l'exemple le plus connu. En l'absence de journalistes, les blogueurs et les internautes ont permis aux autres internautes et aux médias de se rendre compte de la réalité de la situation.

 

Une mobilisation sur le web sans précédent

imove4iran.jpgArache Djannati-Atai est astrophysicien, mais avant tout Président de Move4Iran. L'association a pour but d'interpeller et de mobiliser l'opinion publique pour relayer la voix du peuple iranien. Il nous explique que lors de ces élections, les iraniens se sont sentis trahis, et découragés. Le sentiment de solidarité face à l'injustice, selon l'adage « L'union fait la force » a dépassé les frontières et s'est répandu grâce aux nouveaux médias et ont été relayés par la diaspora iranienne dans le monde. L'activisme iranien n'est pas né ce jour là, mais a explosé. Twitter, Facebook, les serveurs Proxy (visant à compliquer la traçabilité des internautes) et tout le partage de photos et vidéos captées grâce aux téléphones mobiles ont traduit l'expression, les revendications et les cris malgré une censure technologiquement maîtrisée.

Comme le rapelle Laurent Giacobino, d'Internews Europe, les outils de la communication activiste se sont modernisés. logo_INE.gifAvant, seule une élite arrivait à contourner le système de censure, mais depuis les élections le noyau a grossi par les échanges de techniques, notamment les serveurs proxy qui permettent le filtrage et l'anonymat. Comme le rappelle Olivier Blondeau dans la conférence Web Diversity sur les outils au service de l'action citoyenne militante, les proxys sont à double tranchant : tant qu'ils restent inconnus et hors de portée du pouvoir ils permettent l'anonymat, mais une fois au main des censeurs, ils permettent d'identifier tous ceux qui y ont recours.

L'enjeu majeur de cette situation est évidement le passage des frontières. Ainsi que la mise en place d'une solidarité numérique internationale, et il ne s'agit pas uniquement de la diaspora iranienne en France mais aussi d'étrangers, simples défenseurs de la liberté, avec ou sans affinité pour le pays. Et logiquement, l'emballement citoyen a entraîné un renforcement de la censure.


Une censure déjà présente, avant les élections

En effet, l'Iran est doté d'armes et de stratégies de censure très professionnelles. Des plus classiques comme le contrôle de l'information et de ceux qui la produisent, grâce à l'interdiction de chaînes de télévision privées, la mise en place de filtres sur Internet comme le blocage, le 13 juin des sites Internet en faveur de Moussavi, mais aussi de techniques plus poussées, avec le DPI (voir plus bas). La marque Nokia Siemens aurait vendu sa technologie de pointe au gouvernement laissant la possibilité de lire les contenus à la fois des mails et des sms... logo_rsf.pngCet ensemble explique en partie, la place de l'Iran dans le classement sur la liberté d'expression de Reporters sans Frontières (RSF), derrière la Birmanie et la Chine, modèles de censure par excellence.


Des techniques de plus en plus poussées, après les élections

Dans son rapport sur l'Iran, Lucie Morillon explique en effet que la situation a largement empirée depuis 2009 avec l'obligation pour tous les fournisseurs d'accès de passer par une seule organisation, la Compagnie des Télécommunication d'Iran (CTI), sous contrôle des Gardiens de la Révolution. Tous les circuits et les opérateurs sont centralisés, les sites Internet bloqués (tel que la BBC en persan depuis janvier 2006 et en anglais depuis juin 2009) selon les critères d'un comité spécial, composé de membres du gouvernement mais aussi du ministère de la Communication et des Technologies de l'Information, du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, du ministère des Renseignements et de la Sécurité Nationale et du procureur général de Téhéran. Depuis les manifestations, le régime bloque MySpace, Orkut.com, Fkickr, photobucket.com, YouTube et bien évidement Facebook et Twitter, considérés comme les principaux instruments  d'organisation de l'opposition et d'appel à la révolte.

Un autre procédé consiste à ralentir la vitesse de connexion pour limiter les possibilités des internautes d'uploader  (envoyer sur des serveurs) des photos ou vidéos. Les autorités se cachent derrière des prétextes comme la loi de 2009 sur la cybercriminalité à outrance, notamment par le biais de l'article 18 prévoyant deux ans de prison et une amende pour « diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l'opinion publique ». Aujourd'hui, une douzaine de net-citoyens sont en prison. Fidèle à la lutte contre la liberté d'expression, la presse est utilisée comme outil de propagande du pouvoir et n'a pas d'autre alternative que d'accepter pour exister. Il n'y a pas de couverture, comme l'existence de syndicats pour défendre les journalistes.

La dernière nouveauté date du 10 février 2010 : la suppression de la messagerie Gmail, qui reste cependant accessible via proxy. Le régime proposera en contrepartie une messagerie nationale.

 

La nouvelle bataille 2.0

La bataille est élargie à la défense des cyberdissidents, des blogueurs, des net-citoyens. En 2009, RSF en comptabilise 120 derrières les barreaux. L'association finance les avocats et accompagne les familles, car ces victimes de la censure ne sont plus seulement des journalistes, les manifestants sont des citoyens plus ou moins militant, plus ou moins organisés, plus ou moins techniques. Il est possible qu'un internaute s'exprime pour une cause donnée à un moment donné et n'engage pas d'autres prises de position, à venir.

Le manque de structure et l'individualisme de la prise de position et de la démarche de l'exprimer à aussi son revers, les internautes sont seuls et ensemble à la fois.  Le souci est le danger, plus ou moins conscient, que risque les blogueurs et la défense des valeurs qu'ils défendent. Comme dans chaque lutte, les fruits récoltés se font aussi par la perte de militants...

On peut illustrer cette solidarité également avec l'exemple des photographies partagées et diffusées sur la toile prouvant la torture en Egypte, au point que grâce à elles, une procédure judiciaire a été enclenchée. Une association de blogueurs marocains, a d'autre part réussi à libérer un de ses confrères emprisonné. En Chine les blogueurs ont relayé les informations d'un viol collectif pour obtenir justice.


Entre journalistes et citoyens : les Observateurs

Julien Pain est un ancien de RSF où il a travaillé pendant 4 ans à la tête du pôle nouveaux médias. Aujourd'hui, il estlogo-fr24.png responsable éditoriale du site et de l'émission participative Les Observateurs, lancé en décembre 2007, par France 24. Il nous explique qu'après l'élection en Iran, les blogueurs sont devenus les sources d'informations. En premier lieux, car ils avaient toute légitimité à parler d'une situation vécue de l'intérieur, les concernant directement et ensuite et surtout, parce que les journalistes n'avaient pas d'accréditation et aucun laissez-passer pour entrer dans le territoire et faire leur travail.

Question : Comment parler d'une situation dans un pays, quand on a l'interdiction formelle d'y entrer ? Réponse : Plus de 1 000 blogueurs ont témoigné spontanément, au point que l'on parle de « Révolution médiatique ». Pour les médias extérieurs c'est une chance, mais c'est aussi une certaine complexité dans la mesure de vérification des sources, des témoignages, des informations et toute matière provenant d'inconnus blogueurs. Dans un contexte tendu, où la propagande existe des deux cotés, un travail profond d'enquête et de vérification est obligatoire. Un réseau de confiance avec les internautes iraniens s'est créé au fur et à mesure et s'est agrandi par parrainage. Ces blogueurs devenant les fameux « Observateurs » n'ont aucune obligation de couvrir tel ou tel évènement, il s'agit d'une démarche libre, sous conseils uniquement de la chaîne.

 

Le DPI

RSF nous alèrte enfin d'une technologie de contrôle nouvelle et inquiétante émergante : le Deep Packet Inspection, pratique d'espionnage massive et individuelle, pour servir l'Etat et la Publicité à des fins donc politiques et commerciales.

Selon Wikipedia, le DPI est « l'activité pour un équipement d'infrastructure de réseau d'analyser le contenu d'un paquet réseau (paquet IP le plus souvent) de façon à en tirer des statistiques, à filtrer ceux-ci ou à détecter des intrusions, du spam ou tout autre contenu prédéfini. Le DPI peut servir notamment à la censure sur Internet ou dans le cadre de dispositifs de protection de la propriété intellectuelle. »

Ce dispositif est également très utilisé en Chine et en Tunisie, où est lancé un projet de loi interdisant toute communication avec un autre pays, qui pourrait porter atteinte au pays. A priori, le DPI est en cours d'expérimentation en France et serait installé dans les 6-9 prochains mois, caché derrière une couverture marketing, comme dans un abonnement téléphonique spécifique, peu cher par exemple. D'autres informations sont inquiétantes pour l'indépendance et la liberté à la française. L'entrée de l'Etat au capital et dans le conseil d'administration de Dailymotion par l'Etat n'est pas des plus rassurants.

Ce type de volontés relance le débat de la législation sur la toile : Doit-on ou non imposer des lois mondiales aux internautes, telles qu'elles existent nationalement aux citoyens, comme le droit à l'anonymat par exemple ???

pour aller plus loin.jpg

Le 23/06/2009, Le Figaro: L'Iran censure le net grâce à la technologie Nokia Siemens

Le 27/05/2010, Read Write Web : Anonymat des blogueurs : pourquoi il est inutile de changer la loi : explique la loi française impose déjà aux prestataires techniques de détenir les données pour identifier quel internaute à contribué à un contenu d'un service dont ils sont prestataires.

Le 30/10/2009, Législation Française : Législation sur la communication en ligne, en France.

Le 21/05/2010, WebDiversity, Intervention d'Edwy Plenel : Internet et l'enjeu démocratique

Le 26/05/2010, blog de Rubin Sfadj: Shakespeare, Publius et les blogueurs : même combat ! : explique que le droit à l'anonymat des blogueurs est le même que le droit à l'anonymat des citoyen dans l'urne au moment du vote.

Le 12/02/2010, blog de Rubin Sfadj : Arrêt Tiscali : les prestataires techniques pris en otage : rappelle les évolution des lois Hadopi, Loppsi 2 pour la France et le projet Acta à l'international

http://www.advarnews.us/ : site d'une organisation d'étudiants sur la situation des droits de l'homme en Iran

http://norooznews.ir/ : site d'informations du parti réformateur

http://news.gooya.com/ : site le plus visité sur l'Iran, à l'étranger

Le 12/01/2010, Read Write Web, Le Deep Packet Inspection : pour mieux vous (a)servir ?

Arcep : Site de l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes

La quadrature du net : Site de l'organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

Retrouvez nos articles :

  • Lutter contre la fracture : l'éducation d'abord : avec Gérard Dantec (ISOC), Jean-Pouly (Agence mondiale de la solidarité numérique), Nadia Mordelet (Marketing et Business Développement Alcatel Lucent), Jean-Patrick Ehouman (Akendewa-Barcamp Abidjan), Yves Miezen-Ezo (Isoc France, Chala), Albertine Meunier (Association Teatime et Toujours pas sage)
  • Journalisme partagé, pluralité et démocratie, avec Benoît Raphaël (Le Post), Alexandre Heully (Cafébabel.com), Amirouche Laïdi (Président du Club Averroès) et Christophe Ginisty (Président d'Internet sans Frontières)
  • Internet et liberté d'expression, avec Elsa Caternet (Internews Europe), Guillaume Desnoes (Co-fondateur de AiderDonner), Nathan Stern (Fondateur de Peuplade.fr), Laure Drévillon (Fondatrice et Présidente de One Heart Channel) et Claire Ulrich (Global Voices)
  • Le Web 2.0 au service de la solidarité : au delà du simple service... avec Thomas Hémery (Solidaires du monde), Elsa Caternet (Internews Europe), Claire Ulrich (Global Voices), Laure Drévillon 'One Heart Channel), Guillaume Desnoes (AiderDonner), Nathan Stern (Peuplade)
  • Web Diversity : les outils au service de l'action citoyenne militante, avec Alban Martin (Co-fondateur et Vice-Président du Social Media Club), Tangui Morlier (Co-fondateur de Regards Citoyens), Olivier Blondeau et Laurence Allard (Auteurs de « Devenir média. L'activisme sur Internet entre défection et expérimentation »)

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