25.02.2010
Déforestation des forêts équatoriales primaires : enjeux, causes et conséquences
C'est l'arbre qui cache la forêt ! L'expression sera-t-elle bientôt dépassée ?
Pour la forêt primaire, celle dont l'écosystème n'a encore jamais été altéré, il semble que oui. Il n'y aura bientôt plus rien à cacher, sous les tropiques, du moins.
Explications
Suite à la conférence de Greenpeace sur la déforestation dans le bassin du Congo, à laquelle j'ai assisté mercredi soir. Et grâce à quelques lectures complémentaires.
Quand on voit la carte de la fôret primaire avant le néolithique (il y a 8000 ans) et aujourd'hui, c'est, comment dire ? Terrifiant.
Nous autres humains, depuis que nous cultivons, hachons, brûlons, construisons et lisons des livres... avons déboisé 9/10 des forêts primaires. Efficace non ?

Forêt primaire : qu'est ce que c'est ?
Arrêtons nous un peu sur cette notion de forêt primaire (aussi appelée forêt vierge) : en France ou en Europe, nous avons des arbres qui font des fôrets, mais il s'agit de forêts dites "secondaires", c'est à dire plantées par l'homme ou dont les fonctionnements et les équilibres ont été altérés par la présence humaine.
Mais où reste-t-il de la forêt primaire ?
La majeure partie de ce qui reste se trouve dans la forêt boréale, aussi nommée Taiga, situtée là où il fait trop froid pour que l'homme s'y attaque.

Cette forêt là est tranquille. Par contre, la forêt tropicale a de grosses insomnies ! Voila ce qu'il en reste :

- En Amazonie, les principales causes de la déforestation sont la culture du soja (pour la fabrication d'agrocarburants) et l'élevage, pour faire de la viande et du cuir. Bien sur, tout cela est destiné principalement aux marchés d'Amérique du Nord, d'Europe et des pays riches et émergents d'Asie.
- En Indonésie, la principale cause de la deforestation est la culture de palmiers à huile. Ces palmiers fournissent l'huile végétale industrielle la moins chère du monde. Pas étonnant de la retrouver sur beaucoup d'étiquettes des produits de nos "super"marchés.
- Dans le bassin du Congo, les principales causes de la déforestation sont l'exportation de bois tropicaux et l'installation de mines (le sous sol du Congo est très riche en minerais, ce qui n'empêche pas le pays d'être un des plus pauvre du monde, un des plus corrompu aussi, et d'avoir connu la guerre la plus meurtrière de l'histoire après celle de 1939-1945).
Le rôle des forêts, et de la forêt primaire en particulier
Les végétaux sont des pompes à CO2 et la forêt primaire en particulier, stocke le CO2 de manière plus efficace que la forêt secondaire, qui ne propose pas la même biodiversité et les mêmes équilibres.
Le GIEC estime que la déforestation est responsable de 20% des gaz à effet de serre présents dans l'athmosphère. Plus nous coupons cette forêt, plus nous réduisons ses capacités de stockage du CO2, qui est de ce fait libéré dans l'athmosphère.
- Dans les forêts de la terre, il y a 4500 giga tonnes de CO2.
- Dans l'athmosphère terrestre, il y a 3000 giga tonnes de CO2.
- Et je n'ai pas le chiffre sur la quantité de CO2 stockée dans les océans.
Sans les forêts, que se passe-t-il ?
Les forêts, en plus de stocker le C02, permettent d'acheminer les pluies à travers les terres. Ne me demandez pas comment ! C'est un fait scientifique : la forêt véhicule l'humidité dans les terres. La forêt est donc primordiale pour empêcher la désertification.
Retenons aussi que la forêt permet de réguler les inondations et les écoulements de terrain.
La forêt protège le sol et l'enrichi du fait de ses cycles : c'est elle qui fabrique l'humus avec la décomposition des déchets végétaux et animaux des êtres qui l'habitent. Sans forêt, l'humus disparait. C'est pour cette raison que l'agriculture intensive "moderne" nécessite des engrais et des pesticides, pour compenser un sol appauvri car la culture "intensive".
Côté biodiversité, ce n'est pas triste non plus
Bon évidemment, nous dans les villes, la biodiversité...
Mais les forêts primaires, ce sont 2/3 de la biodiversité terrestre. 2/3 des richesses animales et végétales créées par des millions d'années. Les grands mamifères notamment : gorilles, bonobos et chimpanzés, ne se comptent plus que par centaine ou milliers...
Et ce sont des êtres humains qui vivent de la forêt primaire (sans l'altérer, pour rappel) : 40 millions des 60 millions de congolais vivent par et grâce à la forêt, dans un rapport d'équilibre.
Coup de projecteur sur la République du Congo
La CIA américaine a aidé à faire tomber Patrice Lumumba dans les années 60, trop à gauche (voir l'excellent documentaire de Wiliam Karel, CIA Guerres Secrètes).
A sa place : le général Mobutu, 30 ans de dictature, de pillage et de corruption.
Aujourd'hui, 80% de la population vit avec - d'1 $ par jour. La dette extérieure atteint 11 milliards de $, le budget de l'Etat de RDC : 2 milliards de $.
Une première guerre civile dans les années 90, une seconde dans les années 2000. La guerre la plus meurtrière de l'histoire après la 2ème guerre mondiale : 4 à 5 millions de morts civils.
Les causes des conflits : l'attribution du pouvoir et donc, des ressources du pays.
Le Congo, avec la Banque Mondiale, a bien mis en place une loi forestière pour réglementer la coupe du bois.
Car en effet, il manque une réglementation mondiale sur la coupe du bois, surtout dans les pays où l'Etat est faible et corrompu.
De ce fait, on estime que 20 à 40% du bois tropical importé en France est illégal : il dispose de faux papiers, il ne vient pas de concessions réglementées et n'a pas payé de taxes.
Il faut réglementer
Il faut une réglementation européenne éxigeante sur le commerce du bois. Et nous n'en sommes pas là malheureusement.
Même si des grands vendeurs de meubles d'Europe sont pour cette réglementation, les grandes sociétés qui déforestent ont tout intérêt au statu quo.
Enfin, nous en tant que consommateur, pouvons exiger de connaitre l'origine des bois tropicaux. Et nous pouvons notamment faire en sorte d'acheter des bois labellisés FSC (Forest Steward Council), qui offre une garantie sociale et environnementale.
Sachant qu'il vaut toujours mieux acheter du bois local !
Greenpeace : les moteurs de la déforestation
- Le site du label FSC (en anglais) et la page wikipedia en français sur le label
- La rubrique forêt du site français de Greenpeace
10:37 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : foret, tropicale, primaire, secondaire, congo, amazonie, deforestation, greenpeace, biodiversite, co2
24.02.2010
Publicité et grandes causes : une synergie constructive
Suite à l'exposition au musée des Arts Décoratifs de Paris « La publicité au secours des grandes causes » Philippe Ryfman, professeur et chercheur associé au Département de Science Politique de la Sorbonne et au Centre Européen de Sociologie et Science Politique, a souhaité approfondir le débat, le 18 février dernier, en s'entourant d'experts en la matière : Stephan Oberreit : Directeur Général d'Amnesty International - France, Filip Ribeiro : Directeur Général de Médecins Sans Frontières - France, Gérard Unger : Président Directeur Général de Métrobus, et Antoine Vaccaro : Président du Cerphi, Vice-Président de Faircom. Philippe Ryfman a introduit la discussion en montrant le lien récent qui unit un outil à but lucratif, la publicité, à un organisme à but non lucratif, l'association, d'où l'intitulé du débat : Publicité et grandes causes : une synergie constructive ?
La place de la publicité dans les ONG
Gérard Unger tient d'abord à clarifier l'historique de la communication solidaire. En effet, la publicité n'a jamais été le seul ou le premier outil à l'entraide des grandes causes humanitaires. Le phénomène s'est certes développé massivement dans les années 70, mais il est né bien plus tôt, avant le 19e siècle, par le biais de l'Eglise qui recevait les dons et parrainages des plus fortunés pour en faire bon usage. Le principe s'est élargi durant ce siècle à l'ensemble de la population, par charité et à travers un réseau social personnel. En 1954, l'Abbé Pierre lance un appel aux dons national à l'image du Général De Gaulle, à travers la radio, qui, à l'époque, était le média moderne. Pierre Bellemare prendra le relais au début des années 60 grâce à l'émission « Vous êtes formidables » sur Europe 1, puis le concept se développera et le Téléthon naitra, véritable alter égo en version télévisuelle. Aujourd'hui les affiches publicitaires ne se suffisent plus à elles-mêmes bien sûr et se déclinent en un panel d'outils modernes aussi bien que n'importe quel autre produit ou service.
En 1979, la première utilisation de la publicité de Médecins Sans Frontières marque fortement les esprits avec le slogan : « Dans notre salle d'attente, deux milliards d'hommes ». Filipe Ribeiro explique que cette première fois avait avant tout un impératif de visibilité. Dans le même temps, deux autres facteurs ont joué : l'opérationnel de l'association gagnait en qualité et l'ensemble des ONG réclamaient une sortie de l'ombre. Pour le DG de MSF, la volonté de publicité dépend de trois critères : le contexte, la nécessité de prise de conscience de l'opinion publique et le besoin de visibilité pour agir. Le retour en terme d'impact est plus difficile à évaluer, il ne se limite pas à l'envoi de dons, mais à la prise de position, or celle-ci n'est pas toujours visible. Il cite cependant ll'impact de l'opinion publique lors de la guerre de l'Angola oubliée, qui influenca les actions du gouvernement américain.
Evidemment, l'objectif de la publicité diffère selon celui de l'association elle-même. Pour Amnesty International France, l'enjeu n'est pas le même que celui de MSF. Ici, il est question de dénoncer, de proposer des recommandations, de pousser le public et les militants à prendre conscience de combats menés et se forger une opinion, une attitude en fonction.
Aussi, dans les deux cas la pub a une valeur de notoriété institutionnelle et une fonction d'alerte, tandis que la collecte de fonds se fait, elle, sur une transformation de la publicité en marketing.
Le financement de la publicité associative
Avec la montée en puissance de la communication et la modernisation des outils, les associations tendent à faire appel à des professionnels. Les protagonistes du débat reconnaissent tous que les agences ainsi que les espaces publicitaires prêtent bien souvent leur service et leur expérience gratuitement, chacun y trouvant son compte : en terme financier pour les associations, et en terme d'image pour les publicitaires. Le coût concerne donc uniquement les frais techniques. Face à la demande et la concurrence, de nouvelles agences spécialisées dans les campagnes de communication solidaire, comme la section Non Profit de TBWA par exemple, se multiplient, une aubaine pour les spécialistes de la com' engagés.
Devant la qualité et l'engouement de ceux-ci, des récompenses fleurissent, on peut citer le grand prix de la communication solidaire de Communication sans Frontière (créé en 2005), ou encore le prix de la campagne citoyenne remporté d'ailleurs par Amnesty (TBWA/Non Profit donc) en 2009 dans la catégorie Associations Caritatives et ONG, pour sa campagne de lutte contre la violence faite aux femmes.
L'appel aux dons est en général sous-entendu mais elle peut aussi être directe, il s'agit en général d'évènements tragiques assez urgents, comme le cas d'Haïti par exemple. En effet, pour solliciter la population, l'outil privilégié est le marketing direct (mail, lettre,...), qui coûte bien plus cher à l'organisation que la publicité de base (affiche, spot radio ou télévisuel gratuit). Antoine Vaccaro détaille le budget de communication suivant :
5% sont destinés à une cause/un combat (essentiellement des relations presse)
15% sont réservés aux campagnes de publicité, c'est une part relativement faible compte tenu de la gratuité de création et d'espace
80% sont concentrés pour les collectes de fonds, c'est la part la plus importante car ici il n'y a pas de gratuité (dans l'impression, ou l'envoi postal)
Gérard Unger précise d'ailleurs que les associations bénéficient de la gratuité de l'affichage dans les transports en commun mais sont soumis à quelques contraintes, de planning en l'occurrence. En effet, les publicités payantes sont prioritaires. Ainsi, on retrouvera souvent une concentration d'affichages associatifs en janvier-février (après Noël et la période des soldes) et en juillet-août (touchant moins d'usagers, partis en vacances). Aussi cynique soit-il de le dire, la catastrophe en Haïti a eu de la « chance » d'avoir lieu en janvier plutôt qu'en novembre...
Par ailleurs, notons que certaines ONG ne consacrent aucune part de leur budget à leur communication et n'en sont pas moins actives. L'association Fondacio existe depuis 30 ans et emploie 1 500 salariés. Pourtant elle est inconnue car ne fait aucune communication, elle ne bénéficie donc d'aucune reconnaissance publique, cependant elle travaille efficacement mais dans l'ombre.
SO : Jusqu'où laisser l'agence créer ?
Le slogan, le message, le ton, le graphisme sont propres à chacune des entités selon un historique, une culture, une identité et un combat différent. L'agence va donc travailler dans une optique de concurrence, traitant l'organisation comme une marque classique donc à connotation marchande, beaucoup y voient une dérive ou, du moins, une frontière malsaine.
Chez MSF, la communication est préparée en interne et toute la difficulté consiste à se calquer sur cette notion de marque pour une notoriété grand public de qualité, ce qui
trouble bien souvent les salariés et les citoyens. Le choix du slogan ne satisfait que rarement l'ensemble des militants et employés, tellement la perception du problème, l'implication de chacun et la vision de l'association est personnelle voire intime. En général, il est jugé simpliste et trop lisse. Le challenge se double de la volonté de provoquer les politiques, les gouvernements et ministres pour débloquer des fonds par exemple, par l'intermédiaire de l'opinion publique. Voir cette exemple de la publicité sur le paludisme. Malgré tout, l'association refuse de laisser une entité externe s'exprimer à sa place, car le message ne peut qu'être meilleur s'il vient de l'intérieur.
Pour Amnesty, le défi publicitaire est un peu plus complexe dans la mesure où il s'agit bien souvent d'une volonté de dénonciation. Or montrer du doigt un disfonctionnement ou un scandale politique ne pose pas de problème dans les relations presse, mais nécessite beaucoup plus de subtilité dans le registre publicitaire. Stephan Oberreit rappelle qu'Amnesty est totalement indépendant et ne reçoit en aucune façon, ni subventions, ni dons de l'Etat, évitant toute forme d'influence ou de corruption, elle ne vit que par les dons des particuliers. Il insiste fortement sur la nécessité de connaitre en profondeur l'agence, ici TBWA. La qualité et la compréhension du combat sont primordiaux pour une communciation de qualité.
Les professionnels doivent aussi tenir compte de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (l'ARPP) qui a plus ou moins les cartes en main. Sans parler de censure, son rôle de filtre ne facilite pas toujours et freine les messages trop choquants. Gérard Unger remet en cause certaines décisions, qui à force de vouloir lisser et arrondir les angles, vide la publicité de son contenu d'où une qualité parfois médiocre. Par exemple l'ARPP a été accusée d'avoir laissé diffuser la publicité d'evian mettant en scène des bébés nus nageant dans l'eau. Le scandale émergea des défenseurs des victimes de pédophilie, alors qu'il n'y avait aucun lien entre la marque et la pédophilie.
Aussi, Antoine Vaccaro constate que la publicité solidaire véhicule une idéologie et bouscule un système de pensée existant et fait bouger les consciences. On parle désormais de « communication sociale » c'est-à-dire celle qui influence l'évolution des mœurs, les modes de vie et la perception de la société. Mais cela ne s'accompagne pas de douceur et de facilité, il est toujours extrêmement délicat de communiquer sur des sujets tabou. Il y a quelques années, il était encore difficile d'afficher des homosexuels sur une affiche publicitaire, et aujourd'hui le phénomène s'est banalisé. Les protagonistes vont même plus loin : la publicité ferait bouger les mentalités que la loi ne peut pas faire. L'exemple de la campagne scandale de Benetton est révélateur : la marque avait choqué pour avoir exposé le tampon « HIV positive » sur des parties de corps humain nus, à l'image des tatouages nazis des victimes des camps de concentrations.



Par ailleurs, le cas Benetton soulève un autre débat, touchant tout acteur solidaire, à savoir l'abus des entreprises marchandes qui utilisent les codes des entités non-marchandes dans leur communication ou le greenwashing, pratique consistant à communiquer autour du développement durable pour blanchir son image.
On peut se demander jusqu'où on autorise la publicité solidaire à influencer nos mœurs. Aussi, on note bien une nuance entre grande cause, où le consensus est évident et commun comme le soutien à Haïti, et la publicité d'opinion qui est bien plus personnelle comme la défense des animaux de la Fondation Brigitte Bardot par exemple. La frontière entre les deux est très poreuse.
Quel est alors l'avenir de la publicité solidaire ? Sans renier les autres outils, le futur sera probablement l'utilisation du web, le principe de réalité augmentée, le direct. En effet, le web offre l'avantage de ne pas être (encore) censurée, d'où la possibilité de passer entre les freins de l'ARPP et de diffuser en masse des messages. Les acteurs n'en sont aujourd'hui qu'à la maîtrise de l'outil.
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Lire le compte-rendu sur l'exposition : La publicité au secours des Grandes Causes
Lire le compte-rendu de la conférence: L'humanitaire doit-il et peut-il tout exposer ?
Lire le compte-rendu du 5e Grand Prix de la Communication Solidaire
Livre, paru pour les 40 ans d'Amnesty en 2001 : 40 ans d'affiches pour la liberté 
Lire l'enquête des Echos : Les 30 ans des French Doctors
Lire le blog de Benetton sur son usage de la publicité
Lire l'article du blog compubmarket.wordpress.com : Benetton et Oliviero Toscani: shockvertising et reality pub, entre militantisme et scandale
Lire l'article sur le greenwashing : « Les 10 fausses pubs écolos »
Lire l'analyse du film d'Amnesty-TBWA Non Profit contre les violences congugales : Ne restons pas muets face aux violences congugales
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19:55 Publié dans Conférences | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conférence, débat, publicité, grande cause, ong, msf, amnesty
La publicité au secours des Grandes Causes
L'exposition « La Publicité au secours des Grandes Causes » des Arts Décoratifs de Paris porte bien son nom. Elle retrace près d'un demi-siècle de publicité, entre affiches et spots TV, et montre comment la communication associative s'est développée au fil des années, entre graphisme, photojournalisme et petits films pour atteindre aujourd'hui un niveau de qualité de même niveau que n'importe quelle autre entité (sans toutefois disposer des mêmes capacités d'investissements!). Près de 150 supports sont déclinés selon six thèmes : les droits de l'homme, l'humanitaire, l'écologie, la santé, l'exclusion et l'aide sociale et enfin l'éducation et le civisme.
Alors que le marketing direct est l'outil privilégié pour les appels aux dons, la publicité s'attache à accroitre la notoriété et déclencher des prises de conscience. L'exposition soulève le malaise parfois ressenti où les associations deviennent des marques à part entières, au même titre qu'un autre produit de consommation. D'autres problématiques sont posées, à savoir jusqu'à quel choc psychologique peut on aller ? Ne pouvant éviter une forme de concurrence entre les causes, comment sortir du lot ? Comment s'accompagne l'évolution professionnelle et les messages des associations ?
De 1950 à la fin des années 70
Dans son introduction, Amélie Gastaut, conservateur du musée, explique l'histoire de la communication associative. Les premières affiches de préventions apparaissent dans les années 50, mais les premières organisations non gouvernementales, comme Médecins Sans Frontières sont nées dans les années 70 en pleine conséquence de Mai 68, par révolte contre le silence des médias durant la Guerre du Biafra en 1968. Dix ans plus tard Médecins Du Monde et Action Contre la Faim (ACF) font également leur apparition.
A ce moment, l'essentiel du budget est investi dans les opérations de terrain et le seul outil de communication est les relations-presse, utilisées par les personnalités militantes, comme le plus fameux des « French Doctors » Bernard Kouchner, co-fondateur des deux ONG médicales ou Bernard Henri-Levy, co-créateur d'ACF. Dans la foulée, les affiches deviennent le moyen de publicité inévitable. Les graphistes de renom participent au mouvement comme Bernard Villemot, Alain Le Quernec, Roman Cieslewicz ou le collectif Grapus, qui veut « changer la vie ».
Le phénomène de Mai 68 a déclenché une nouvelle sensibilité, perceptible vie à travers des images ou des tracts. A cette époque on se demande comment utiliser les affiches, en plus des relations presses, pour servir les ONG. La réponse viendra avec des messages militants, essentiellement portés sur la prévention et la sensibilisation pour montrer au public l'existence de telle ou telle organisation, comprendre qui fait quoi, et pourquoi ces actions sont menées.
1. Les belles plantes ne s'arrosent pas à l'alcool, Haut Comité d'étude et d'information sur l'alcoolisme, 1958 - Affiche de Pierre Laurent Brenot
2. Le racisme divise, le racisme tue, vers 1970-1975 - Anonyme
3. Sans tabac, prenons la vie à pleins poumons, Comité d'éducation pour la santé sans tabagisme, 1976 - Affiche de Milton Glaser
4. Longues veillées... journées gâchées, Comité français d'éducation pour la santé (CFES), 1975-1980 - Anonyme
5. Amnesty International, Quelque part partout, 1978 - Affiche d'Alain Le Quernec
6. Avec l'enfant, Comité Montreuillois de l'année de l'enfant, 1979 - Affiche de Roman Cieslewicz
Un jeu vous est proposé sur les dates des affiches de prévention routières, sur: www.preventionroutiere.asso.fr/jeu_affiches.aspx
Les années 80 & 90
A partir de 1980 jusqu'aux années 1990, les organisations se multiplient et les actions s'étendent. De fait, une concurrence se développe en même temps que les médias se modernisent. La professionnalisation du métier implique de penser autrement, en terme de stratégie, de visibilité, les notions de communication institutionnelle et de marque font leur apparition. Les agences de publicité sont alors de plus en plus sollicitées pour plus de qualité. Mais cela a un coût qui s'additionne au frais d'opération et les levées de fonds et les multiplications d'appel aux dons sont de plus en plus vitales pour les ONG.
Le principe du choc est désormais choisi pour marquer plus fortement les esprits : cela se traduit par un discours court, direct, provoquant ; le graphisme laisse place au photojournalisme plus réaliste, mais aussi plus dur. L'interpellation des esprits pendant les situations d'urgence l'amporte sur les messages de prévention. Le développement des techniques de publicité s'accompagne d'une mutation de cible. On s'adresse désormais non plus à un simple consommateur mais à un citoyen partageant des valeurs communes de dignité et de fraternité. L'objectif de provoquer un malaise et une culpabilité fonctionnent, mais les débats se succèdent, à l'image de ceux provoqués par la campagne de Leïla d'ACF: Peut-on tout montrer ? Peut -on vendre des causes comme un autre produit ?
1. La merde des chiens, ça ne tombe pas du ciel, OPHLM Aubervilliers, 1981 Grapus
2. Aidez les enfants du monde. Achetez les cartes de l'UNICEF, Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), 1984 Affiche de Raymond Savignac
3. Les droits de l'homme ont des prédateurs, Reporters sans frontières, 1990 Agence Alice Lowe & Partners
4. Leila 100 francs plus tard, Action contre la faim, 1994 Agence DDB&Co
5. Ce soir-là tous les Français étaient désolés que la rencontre se dispute sans blanc, SOS Racisme, 1998 Photographie de Jeremy Dangerfield pour l'agence the Ad store
Les années 2000
Dans les années 2000, pour apaiser les esprits, la photographie, toujours plus parlante, est désormais une mise en scène. Les campagnes deviennent aussi réussies techniquement et graphiquement que celles ventant un produit : «La ressemblance c'est la professionnalisation de la communication, et la différence c'est l'éthique » explique très justement François Bordas, professeur au Celsa.
En effet, l'implication des grandes agences pour des sommes dérisoires, est révélatrice d'un mouvement qui dépasse le professionnel. Certes le flirt entre l'association et la publicité classique, soit marchande, est un challenge stimulant pour les publicitaires, mais leur implication n'en est pas moins sincère et ne se limite pas à la maitrise des techniques commerciales. Les communicants reconnaissent une nouvelle dimension dans leur travail, il ne s'agit plus uniquement de venter les mérites de telle ou telle voiture, mais de s'impliquer à son travail pour une cause. Al Gore soutient « Nous sommes à l'aube du plus grand changement qu'ait connu le modèle économique dans l'histoire de l'humanité et la publicité est en train de jouer le rôle le plus important de son histoire. La communication même du message publicitaire est une partie de la solution, en ce sens que (la publicité) peut mettre ses compétences les plus pointues pour délivrer les solutions».
Aussi on voit l'apparition d'agences de communication spécialisée comme Optimus dans le développement durable, des sections uniquement centrées vers l'humanitaire comme la partie Non Profit de TBWA, ou encore le label "Grande Cause" proposé par le gouvernement. Ce label propose une année de publicité à la radio ou télévision gratuitement ou a des tarifs préférentiels pour une grande cause. En 2009, la mise en valeur du don d'organe était ainsi à l'honneur, en 2010 il s'agit de la lutte contre les violences faites aux femmes. Ceci est révélateur d'un engouement plus large. Les ONG n'ont plus le monopole du sentiment.
Les messages sont désormais plus subtils il ne suffit plus de heurter mais de faire réfléchir. La dérision, l'humour, la pédagogie font leur apparition. Après une vague de débats, le principe du choc est ainsi moins appliqué, mais avec du recul, il semblerait que les campagnes amenant le plus de réactivité et de souvenirs sont celles les plus marquante, donc les plus choquante, alors que dans le même temps, une sorte d'overdose de l'agression publicitaire se fait sentir. Comment concilier les deux, marquer, sensibiliser sans agresser, ni lasser ???
1. Ne pas voter, c'est laisser les autres décider à votre place, Civisme et Démocratie (CIDEM), 2001 Photographie de Sébastien Meunie pour l'agence BDDP&Fils
2. La faim tue toutes les quatre secondes, Action contre la faim, 2002 Photographie de Jonh Jones pour l'Agence verte
3. Dick dans la baignoire, Aides, 2002, Agence TBWA
4. Chaquejour15personnessontvictimessecuroutiere, Sécurité Routière, 2002
5. N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre, Reporters sans frontières, 2003 Photographie de Laurent Seroussi pour l'agence Saatchi& Saatchi
6. On ne s'improvise pas humanitaire, ACF, 2003
7. La panthère, Fondation Nicolas Hulot, 2004 - Photographie Jean-Marie Vives pour l'agence CLM/BBDO
8. Au-delà des idées reçues, Association Emmaüs, 2006 - Atelier Nous travaillons ensemble
9. Rassasiés ? Près d'1 sans-abri sur 2 a déjà passé une journée entière sans trouver à manger, 2006 Agence Nous Travaillons Ensemble
10. 12m2, Fondation Abbé Pierre, 2007, Agence BDDP Unlimited
11. C'est le Sida qu'il faut exclure, pas les séropositifs, 2006, Agence TBWA
12. 300000 child soldiers dream of simply being children, Amnesty International, 2007 Photographie Michael Lewis pour l'agence publicitaire TBWA
13. Le jaune, c'est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie, 2008 - Photographie de Dimitri Daniloff pour l'agence Lowe Stratéus
Aujourd'hui
Nous entamons une nouvelle ère portée par le web et la réalité augmentée. Les professionnels vont probablement s'appuyer dessus pour innover. Cependant pour beaucoup la nouvelle problématique n'est pas là. Le web n'étant qu'un outil, l'accent est beaucoup plus porté sur le ton et le sens du message plus que sur le support.
Pour Thanh Le Luong, directrice générale de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (Inpes), le problème est essentiellement financier : « Les investissements publicitaires annuels des industriels agro-alimentaires sont 200 fois plus importants que ceux de l'Inpes. Quand aux alcooliers, ils dépensent chaque année 300 millions d'euros en publicité pour faire la promotion d'un produit défavorable à la santé. Ce montant correspond à 3 fois le budget total de l'Inpes. Le consommateur est donc plus exposé à la pression commerciale émanant des acteurs économiques qu'aux campagnes d'information émanant des acteurs de prévention ».
Pour Marie-Catherine Dupuy, vice-présidente de TBWA France, le souci est la multiplication des organisations, et le plus important est d'inspirer leur confiance : « En moyenne, les Français font des dons pour un montant de 100 euros par an. Ils doivent donc faire un choix parmi les causes. Pour les choisir, il faut les connaître, il faut avoir confiance en elles. Elles doivent donc communiquer sur leur engagement et sur leur rôle ».
Les nouveaux enjeux portent également sur le sentiment d'être éloigné du problème, entre la catastrophe de Haïti très loin et la crise économique très proche de nous, les publicitaires ont du pain sur la planche pour maintenir l'intérêt et la sensibilité de tous. Que nous réservent-ils pour la décennie 2010-2020 ?
17:24 Publié dans expositions | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, exposition, associations, ong, causes, communication, marketing
08.02.2010
Demain tous producteurs d'énergie ?
C'est dans l'air du temps, le bio, le recyclage, l'éco-consommation, les coopératives... Il est désormais courant d'acheter commerce équitable ou de faire soi-même pousser ses fruits et légumes, mais qu'en est-il en matière d'énergie ? Peut-on bénéficier et participer à une éco-énergie ? Solidaires du Monde a voulu en savoir plus sur cette problématique en assistant à la conférence organisée par My Coop le 2 février dernier, sur le thème « Demain, tous producteurs et consommateurs d'énergie verte ? »
Pour ceux s'interrogent sur Mycoop, il s'agit d'un réseau social lancé à l'initiative du Crédit Coopératif, qui rassemble des acteurs de l'économie humaine et organise régulièrement des événements à la maison des Métallos à Paris.
Etaient présents pour animer et prendre la parole : Anne-Stéphanie Pierry du Crédit Coopératif, Stéphanie Lacomblez, directrice de la communication d'Enercoop, Françoise Ledos de Coop Ouest, Bernard Deville fondateur de Vents d'Houyet (Belgique) et Pierre Ducray de l'Union des Coopératives Forestières Françaises ont exposé leurs avis, leurs solutions et leurs positions.
En effet, et notamment en France, le monopole d'EDF freine le développement d'initiatives et de solutions alternatives au nucléaire. Pourtant cela est possible, mais ignoré. Seulement un Français sur trois sait que le marché énergétique est ouvert. à la concurrence. Les habitants ont tendance à appuyer sur l'interrupteur sans se poser la question, par automatisme, et EDF est considéré comme fournisseur de toujours.
Si la libéralisation est récente (depuis le 1er juillet 2007), la communication des nouvelles structures a sans doute était insuffisante et nous savons tous à quel point la communication est cruciale. Ici, il n'est pas question de casser du sucre sur un monopole mais simplement de donner un coup de pouce et de présenter d'autres solutions, qui méritent d'être connues.
A chacun de se positionner par la suite en fonction de sa sensibilité écologique, de ses besoins, de sa localisation et en fonction de ces moyens.
Petit rappel
Tout d'abord, pour que ce débat soit le plus accessible, petit retour sur les termes spécifiques à ce domaine.
L'entreprise coopérative d'abord où chacun est impliqué, ici en l'occurrence en position de producteur ou de consommateur ou les deux, est le plus démocratique, dans la mesure où toute personne prend place dans les discussions sur le principe "1 membre 1 voix". Les clients peuvent également, s'ils le souhaitent, devenir actionnaire.
En termes d'énergie renouvelable, nous avons aujourd'hui plusieurs possibilités :
- La biomasse : c'est l'ensemble des matières organiques, d'origine végétale ou animale, transformé en sources d'énergies. La matière peut être utilisée soit directement comme le bois, soit après transformation (méthanisation de la matière organique par exemple) pour du biogaz ou du biocarburant. Elle peut aussi être utilisée pour le compostage.
- L'énergie hydraulique : fournit par la force de l'eau, qui peut être convertie en énergie électrique dans une centrale hydroélectrique. On recense plusieurs énergies hydrauliques : l'énergie des vagues, l'énergie marémotrice, l'énergie thermique des mers (en exploitant la différence de température entre les eaux superficielles et les eaux profondes), l'énergie osmotique (provoquée par la diffusion ionique provoquée par l'arrivée d'eau douce dans l'eau salée de la mer).
- L'énergie éolienne : provoquée par la force du vent, sur le même principe que l'eau. Les éoliennes font le même travail que les moulins à vent en transformant l'énergie aérien en énergie électrique.
- L'énergie solaire photovoltaïque: produite à partir du rayonnement solaire par effet photoélectrique. C'est une énergie propre, silencieuse et inépuisable, ne produisant ni déchets encombrants, ni nuisance de fonctionnement.
- L'énergie solaire thermique : énergie de chaleur issue de la transformation du rayonnement solaire. Cette transformation peut être soit utilisée directement (pour chauffer un bâtiment par exemple) ou indirectement (comme la production de vapeur d'eau pour entraîner des alternateurs et ainsi obtenir une énergie électrique).
- Le biocarburant : produit à partir de matériaux organiques non fossiles, provenant de la biomasse. Il s'agit de plantes nourricières ou alimentaires, comme le maïs ou le blé amenant à l'éthanol, ou à partir de ressources biologiques non alimentaires comme le bois.
- L'énergie géothermique : du grec « géo » la terre et « thermie » la chaleur ; la géothermie est la science qui étudie les phénomènes thermiques internes du globe terrestre et son exploitation. L'énergie géothermique issue de l'énergie de la terre est convertie en chaleur ou en électricité.
Le débat
Anne-Stéphanie Pierry, responsable de la Communication au Crédit Coopératif, banque de l'économie sociale et de la finance solidaire du groupe Banque Populaire, rappelle l'importance de l'investissement des citoyens dans l'énergie verte. Au Crédit Coopératif, il a pris toute son importance début 2004. Elle tient également à remettre les vérités sur les idées reçues comme par exemple que la première source énergétique renouvelable est la biomasse, et non les éoliennes ou les panneaux solaires. Elle regrette également la désacralisation de l'énergie, complètement virtuelle et innée pour la majorité d'entre nous. On a ainsi beaucoup trop tendance à oublier que l'énergie se fabrique, à un certain coût économique mais aussi et surtout environnemental.
En 2004 le réchauffement planétaire, la destruction d'énergies fossiles et fissiles permettent une prise de conscience et l'ouverture du marché aux professionnels : le développement des énergies renouvelables en circuit fermé court entre producteur et consommateur fait son apparition. De là est plusieurs initiatives comme Enercoop.
Sous forme de SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif), Enercoop propose un lien direct entre producteurs d'électricité 100 % verte, consommateurs, salariés, partenaires, collectivités, devenant tous, membres de la coopérative. Comme tous modèles de coopérative, les bénéfices sont réinvestis dans de nouveaux moyens de production d'énergies renouvelables.
Stéphanie Lacomblez d'Enercoop, directrice de la communication, explique que dans la mesure où le consommateur peut devenir sociétaire de la coopérative, il a tendance à rationnaliser sa consommation, et devient acteur de projets. Par exemple, à Charleville Mézières, 100 sociétaires ont investit dans un toit solaire. L'énergie créée alimente Enercoop qui redistribue à ses membres. Aujourd'hui Enercoop a convaincu 5 250 consommateurs, dont 700 entreprises, et près de 3 000 sont devenus sociétaires.
D'autre part, Bernard Deville a mis en avant sa spécialité, les éoliennes, via son association Vents d'Houyet (en Wallonie). Son concept est d'acheter des parts sociales pour des enfants d'un périmètre. Les dividendes sont réservées à des actions sociales et citoyennes. Pour lui, « le plus important est de rappeler que l'air et le vent appartiennent aux citoyens et non aux financiers ». Il réclame la multiplication de l'énergie produite par éolienne plus encore en zone urbaine que rurale et souhaiterait dans l'idéal qu'elle soit financée à 1/3 par l'Etat, 1/3 par le privé et 1/3 par le particulier. Des aménagements techniques sont à mettre en place mais nous sommes en bonne voie. Pour que le système éolien se développe, il est nécessaire d'avoir un réseau supportant l'afflux du renouvelable. D'autre part, il est important de ne pas oublier que le vent est une source d'énergie intermittente, fluctuant selon la météo donc imprévisible. La mise en place d'éoliennes sur les toits des habitations est complètement faisable, et en cours d'expérimentation à Paris !
Concernant les professionnels, comme les agriculteurs, gros consommateurs d'énergie, Coop Ouest a décidé de regrouper toutes les demandes des adhérents pour plus de facilité et d'économie de l'énergie photovoltaïque. La production d'énergie sous forme de biomasse est également encouragée par les agriculteurs eux-mêmes, cela permettrait de limiter les coûts et d'utiliser intelligemment les déchets agricoles.
Dans cette idée, l'Union des Coopératives Forestières Françaises, (100 000 adhérents) favorise également cette énergie. Selon les objectifs du Grenelle de l'environnement, sur les 20% d'énergie devant être renouvelable, plus d'un tiers doit venir de la biomasse. La difficulté rencontrée est selon Pierre Ducray l'organisation de flux, de structures locales, la diversité des acteurs, à la différence de l'éolien, pour gérer cette production à un coût correct. L'articulation est fine entre l'aménagement du territoire, l'économie sociale et solidaire et les entreprises capitalistes. Il est difficile d'établir un lien direct entre producteur et consommateur parce que la transformation de la biomasse nécessite un intermédiaire, et bien souvent un industriel.
La problématique que soulève l'énergie renouvelable concerne avant tout la régulation de la consommation. Compte tenu du fait que la production varie selon la matière (déchet, air, eau ou autre combustible biologique), il est impératif de trouver des solutions en cas de surplus ou de carence, autant en terme d'électricité qu'en chaleur. Selon Bernard Deville, pour cette raison l'éolien n'est pas adapté aux entreprises mais plutôt une source destinée aux particuliers. De façon générale, le surplus est revendu, aussi en France, EDF est dans l'obligation de rachat, c'est pour cette raison que les certificats verts n'existent pas dans l'hexagone.
Enfin, la sécurité du 100 % se paye. En effet, Enercoop au même titre que les autres enseignes et les autres forme d'énergies, reconnait que ses tarifs sont au dessus de ceux d'EDF. Il faut compter jusque 10 euros de plus par facture (mensuelle, pour un foyer sans chauffage électrique). Ceci est essentiellement du au fait que le marché n'est pas totalement ouvert, à l'inverse de la Belgique ou par exemple la marque Ecopower est moins cher que la concurrence. EDF détient en effet la CSPE (contribution spécifique à la production d'électricité) qui lui est propre et auquel chaque consommateur contribue. Une solution serait que l'attribution de ce fond soit possible à d'autre pour une meilleure compétitivité. Certains y voient ici une entorse à la concurrence. La loi NOME (Nouvelle orientation du marché de l'énergie) va ouvrir de 30% le marché du nucléaire pour l'étranger et va probablement changer les choses.
De nombreuses possibilités sont donc envisageables pour une énergie plus saine. Global Bioenergies va encore plus loin et pousse ses recherches jusque à l'utilisation de bactéries pour produire des biocarburants... Oui oui ! La firme vient d'obtenir une aide de 760 000 euros d'Oseo pour faire produire à ces micro-organismes un hydrocarbure gazeux convertible, comme l'isobuthène, devenant à terme de l'essence, kérozène ou du dièsel, mais aussi des polymères comme des pneus ou du plastique. Il reste au moins six ans d'études pour conclure et peut-être utiliser cette nouvelle source d'énergie. On n'arrête pas le progrès technique lorsque les marchés poussent...
Pour retrouver le fil du débat sur Twitter : https://twitter.com/Soirees_MyCoop
Pour vous renseigner sur:
Portail de l'électricité verte
Greenpeace et les énergies vertes
EDF et les énergies hydrauliques
L'observatoire des énergies renouvelables
L'état français et le développement durable
Le syndicat des énergies renouvelables
Les bactéries comme source de biocarburants
18:35 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : energie renouvelable, edf, my coop, coopérative, vert



































