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12.06.2009

« Le microcrédit en peer to peer : opportunités et risques ? »

La Conférence My coop qui s'est tenue le 09 juin 2009 avait comme thème  « Microcrédit Peer to peer : Quelles opportunités ? Quels risques ? ».

Etaient présents :

  • Maria Novak de l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique). Pour rappel, l'Adie est organisée autour de 3 missions :
  1. Financer des personnes en difficulté, exclues du système bancaire traditionnel (chômage de longue durée et bénéficiaires des minima sociaux)
  2. Identifier les projets et accompagner leurs porteurs dans leur réalisation
  3. Se servir de cette expérience pour faire évoluer les lois (qui à l'évidence ne sont pas faîtes pour le micro crédit)

En 2007 : 10 000 prêts
En 2008 : 13 000 prêts
En 2009 : l'ADIE pense atteindre la barre des 20 000 prêts car avec la crise la demande augmente.

Les chiffres de retour à l'emploi et de remboursement sont encourageants :

- 80 % des bénéficiaires s'insèrent durablement et quittent le dispositif
- 2,8 % de prêts non remboursés (chiffre équivalent au système bancaire traditionnel)

  • Arnaud Poissonier de Babyloan : Babyloan est une plateforme Peer to Peer du microcrédit qui s'adresse au grand public : Système de parrainage. Cet outil permet de fédérer.

Depuis son lancement en septembre 2008 :

- 3500 membres
- l'internaute prête en moyenne 65 €
- 250 000 micro prêts solidaires
- 850 projets bénéficiaires

Babyloan souhaite développer le concept du Peer to Peer du microcrédit en France. Il a aussi des projets de déclinaison de la plateforme.

  • Sophie Vincent d'Oxus : Oxus a été créé par l'ONG ACTED, dans une logique de prolongement d'aide humanitaire. C'est un réseau de microfinance à l'international. IMF est présente sur le site Babyloan, elle œuvre essentiellement en Asie centrale (Tajikistan, Afghanistan, etc...)

En 2008 : 11 millions de dollars prêtés, le prêt moyen est de 470 dollars. Oxus se concentre sur les zones rurales mais vise à étendre son activité.

- Le microcrédit professionnel (avec un objectif d'activité économique)

- Le microcrédit social (pour les particuliers) : Dépannage dans les moments difficiles mais à condition que ce soit pour tenter de se réinsérer (projet de formation personnelle, etc...).


Quelques acteurs mis en avant :

- France Active est un réseau de proximité qui aide depuis plus de 20 ans les personnes en difficulté à créer leur entreprise individuelle.
Il finance parallèlement les entreprises solidaires (insertion par l’activité économique, associations d’utilité sociale).
Notre objectif : soutenir 35 000 entreprises d'ici 2012 pour permettre à 100 000 personnes en situation précaire de trouver un emploi durable." Christian SAUTTER, Président de France Active

- France Initiative est un réseau qui fédère des associations locales indépendantes couvrant la quasi-totalité du territoire. Créé en 1985, il regroupe aujourd’hui 248 plateformes. Avec 13 600 entreprises financées en 2008, 31 300 emplois générés en première année, 13 900 bénévoles mobilisés, France Initiative est le premier réseau associatif de financement et d’accompagnement de la création/reprise d’entreprises en France.

Après une brève présentation des participants et de l'organisme qu'ils représentent, les échanges ont commencé !

  • Question pour Babyloan : Vous êtes en partenariat avec les IMF qui sont des intermédiaires. La traçabilité est donc compromise par rapport au site qui assure que la somme prêtée est versée au projet choisi ?

Les encours comptables assurent que la somme prêtée est reversée par les IMF aux projets sélectionnés. C'est une affectation comptable qui permet de tracer le prêt. L'argent prêté par tous les internautes part sur un compte commun (celui de l'IMF en charge des projets).

On a donc une sécurité financière qui assure que l'argent n'est pas détourné mais il n'y a pas de garantie que la somme prêtée a été versée au projet choisi d'autant plus que quand le projet sélectionné est présenté sur Babyloan, le projet a déjà obtenu son crédit. On a donc un manque de «simultanéité entre les dons et les bénéficiaires (voulu par Babyloan). Babyloan est donc plutôt organisé autour du refinancement. Si on trouve des financements via des sites de Peer to Peer, on libère une ligne comptable qui permet d'aller trouver d'autres bénéficiaires.

Les IMF ont des besoins en liquidité mais dans le cas d'Oxus, le microcrédit en peer to peer ne dépasse jamais  10 % de leurs besoins  en liquidités.

  • Les critères de sélection des projets :

Babyloan prend en compte l'impact social du prêt (scolarisation, niveau de vie de la famille, etc...) en plus de l'impact financier.

Oxus ne prend en compte que les possibilités de développement économique (Business plan, analyse de l'activité, se base sur les flux que peut générer un crédit, etc...). Les impacts sociaux sont très peu utilisés car pour Oxus, ils s'évaluent sur le long terme mais Oxus n'accorde des crédits en général que sur 6 mois. Oxus n'inclut pas dans ses critères le risque environnemental (car agit dans des pays aux risques très élevés).

Chaque IMF a ses propres critères d'attribution de microcrédit, ses propres objectifs dans la mesure où la typologie des IMF est très différentes (associations, banques, etc...).

Pour l'ADIE, le critère ultime c'est d'être exclu. C'est la personnalité du client qui prime comme il s'agit de petits prêts (pour la France du moins). En moyenne les prêts sont de 2100 € mais peut aller jusqu'à 5000 - 7000 €. Pas la peine donc de Business Plan. C'est la motivation du candidat qui prime (il veut s'en sortir ou pas). Pour information, 20 % des candidats de l'ADIE ne savent ni lire ni écrire, autant ont fait des études. Ce qui est intéressant de noter, c'est que le taux de réussite est à peu près équivalent dans ces 2 catégories.

Pour le microcrédit professionnel, le Crédit coopératif enregistre un taux d'échec de seulement 1,55%. Pour le microcrédit social, les critères sont les mêmes que l'Adie : c'est la personnalité du candidat qui entre en jeu et la pertinence de son projet (projet de mobilité, de formation, d'équipement, etc...) pour retrouver un emploi, ne plus être exclu.

  • Le montant maximum d'attribution d'un micro crédit est plafonné à 5000 dollars par la Banque mondiale et à 25 000 € par la Banque Européenne. Mais cela dépend du segment qui accorde le prêt (banque ou association de microcrédit).  En France, les IMF ne peuvent pas prêter à des particuliers selon l'article L511.6 du code financier. Déjà modifié à 3 reprises, Maria Novak, Arnaud Poissonier et d'autres travaillent à encore modifier cette loi (« Les lois sont faîtes pour être adaptées »). Les 2 clés pour la réussite d'un projet sont la qualification du projet et l'accompagnement.
  • Le suivi par les parrains ?

Il n'ya pas de « photos du projet abouti » car pour cela il faudrait mettre en place de nombreuses ressources qui coutent cher aux IMF.

Mais tous les mois, le parrain reçoit l'évolution du parrainé (combien l'emprunteur a remboursé ce mois ci ? combien il lui reste à rembourser? Si tout a bien été remboursé ?etc...)

  • Etude CGAP (site CGAP) sur les 12 plus grosses plateformes du microcrédit

Mais il y a des petites initiatives qui émergent telles que Veecus mais selon Babyloan, ce sont des initiatives compliquées à monter car il y a un gros flux de données, de Database complexes à mettre en place, du marketing à développer, des ressources à déployer pour pouvoir suivre si les IMF attribuent bien les dons.

Toujours selon Babyloan, ces initiatives ne sont pas assez structurées et ont peu de possibilités pour se développer vite et loin. L'investissement de départ est important. Des partenaires sont nécessaires au démarrage. ll faut avoir une bonne connaissance des réglementations (contrôle de change, par exemple, en Inde et au Bangladesh, l'argent ne peut pas ressortir du pays à moins d'un accord avec la Banque Centrale de l'Inde. Les internautes risquent donc de n'être remboursés).

  • Les intermédiaires dans la microfinance sont-ils de trop ?

Tout le monde peut prêter à son voisin ou à un entrepreneur à l'étranger sans passer par une IMF. Mais sans intermédiation, le risque de contentieux est plus élevé car il n'y a pas de réglementation, de sécurité. Cela peut entrainer des dérives à tout va et corrompre le système (blanchiment d'argent, non remboursement de prêt, arnaque, etc...). Si on n'a pas de recouvrement (c'est-à-dire, si le prêt n'est pas remboursé rien ne se passe), les mauvaises attitudes peuvent enlever la confiance en ce système (pierre angulaire du microcrédit) aussi bien au niveau des emprunteurs que des IMF puisqu'il n'y a plus de contrôle. Comment savoir alors si les fonts sont bien réaffectés ?

  • La confiance et Internet, la confiance sur internet

On se trouve à l'époque de la  « préhistoire de la confiance sur Internet ». Internet peut générer de la confiance et des systèmes d'information qui servent à établir cette confiance. On a déjà les systèmes de « rating » (notation) avec l'exemple d'Ebay, avec les notes qui sont attribués aux vendeurs (certains vont même jusqu'à mettre leur note sur leur CV).

Internet peut générer de la confiance grâce à sa dynamique de réseau. Le fait d'être inscrit dans une communauté (comme les réseaux sociaux ou tout simplement comme l'écriture régulière sur un forum, sur son blog ou à la suite d'articles dans un média) pousse à bien se comporter. Internet a ce paradoxe, malgré la distance et l'interface de l'écran, de créer des liens et d'organiser les comportements.

Mais un problème d'Internet et de ses indicateurs de confiance, c'est qu'à la longue,  les indicateurs vont induire un formatage  selon une grille de « normalité ». Problème d'uniformisation des attitudes avec  la mise en place d'un standard (scoring) selon une perception « du bien et du mal » pour évaluer (même positivement) l'identité numérique. Dans l'avenir, certains estiment que l'identité numérique aura une incidence importante sur la vie réelle.

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Sur le blog Evaluer la micro finance de Benoit Granger : CGAP et JP Morgan : des institutions de microfinance beaucoup plus rentables que des banques trafitionnelles comparables.

L'AFD et la microfinance, 20 ans déja (1998 - 2008)

En anglais, une "agence de presse" du micro crédit : Micro Capital

La confiance, sa nature et son rôle dans le commerce électronique. Auteurs : Pierre-Hugues Vallée et Ejan Mackaay. Lex Electronica, vol. 11 n° 2 (Automne / Fall 2006)

Sur le blog Regards sur le web, interview de Maria Nowak à propos de l'ADIE

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16:40 Publié dans Conférences | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : microcredit, internet, adie, kiva, babyloan, veecus, institut de microfinance, confiance et internet, oxus, crédit coopératif, cgap

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Commentaires

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Ecrit par : VI JEAN LUC | 14.01.2010

Bonjour,

je suis Thomas et fais partie des administrateurs de la plateforme de blogs Solidaires du monde.

En France, l'offre de crédit est encadrée par l'article L511-6 du code monétaire et financier : http://droit-finances.commentcamarche.net/legifrance/60-code-monetaire-et-financier/156657/article-l511-6

Les prêts entre particuliers existent et sont autorisés dans une certaine limite. Des sites comme Friendsclear en France : http://www.friendsclear.com/accueil.php se développent sur du prêt entre particulier, Prosper également aux US.
Mais ces activités nécessitent un cadre légal.

Jean-Luc, j'aimerai savoir comment vous procéder pour garantir le remboursement par l'emprunteur ? Quelle existence légale ont les contrat de crédit que vous contractez ? Ou êtes vous domicilié et donc par quel droit êtes vous encadrés ? Quel taux d'intérêt pratiquez vous ?

Des précisions utiles pour les lecteurs...

Merci.

Ecrit par : Thomas pour l'équipe Solidaires du monde | 15.01.2010

Bonjour et merci pour votre retour, il est précis.
Eric

Ecrit par : HP | 16.01.2010

j ai demande un pret a vi jean luc son offre me parait tres interessante merci de me repondre si vous avez des commentaire a ce sujet

Ecrit par : theaud | 14.02.2010

Bonjour Theaud,

Je m'appelle Hélène et je fais partie de l'équipe d'administrateurs de Solidaires du monde. Pour répondre à votre question, je ne ferai que revenir sur les propos tenus par Thomas dans le commentaire ci-dessus.

Beaucoup d'offres de prêt diffusées sur Internet s'avèrent en fait être des pièges... à éviter ! Comme vous pouvez le voir, nous avons demandé à VI JEAN LUC de préciser son offre, en donnant des éléments absolument nécessaires pour mesurer le "sérieux" de son offre. Au vu de l'absence de réponse de sa part, de la non précision des éléments demandés, je vous conseille vivement de faire trés attention.

Si vous obtenez une réponse de la part de cette personne, vérifiez en premier lieu les garanties qui vous sont proposées : les points légaux et juridiques doivent être les premiers indicateurs sur lesquels vous baser.

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin de plus amples conseils à l'adresse suivante :
contact@solidairesdumonde.org

A bientôt !

Hélène

Ecrit par : Hélène | 15.02.2010

Salut à tous, juste pour passer une annonce, je recherche une Hélène qui bosse dans le micro crédit à la Pase en Bolivie et qui était au chili pour le 25 décembre ; vous qui êtes dans le milieu, voila mon mail au cas ou camille.comte1@gmail.com . Vive le micro crédit. Camille

Ecrit par : camille | 20.02.2010

Bonjour,

Vous trouverez ci-joint un article paru dans les Echos écrit par Christophe Villa (titulaire de la chaire Banque Populaire en microfinance) et Jean-François Moulin (coordinateur du programme recherche)
http://www.lesechos.fr/info/analyses/020381852227-pourquoi-les-banques-francaises-devraient-se-mettre-a-la-microfinance.htm

Nous aimerions beaucoup que vous puissiez en parler sur votre blog.

Cordialement,

Stéphanie Le Divellec
Assistante
Chaire Banque Populaire à Audencia

Ecrit par : Stéphanie Le Divellec | 02.03.2010

Bonjour Stéphanie et merci de votre message,

les commentaires sont fait pour prendre la parole et je suis certain que vous êtes plus légitime que moi pour parler des enjeux de la migration vers le micro crédit des grandes banques traditionnelles françaises.

Aussi j'ai une question, n'y a-t-il pas contradiction entre des programmes de micro crédit qui vise à proposer une couverture bancaire à des populations qui n'en ont pas, ou pas assez, quand ces banques sont aussi le plus souvent engagées dans des structures proposant du crédit à la consommation ?

Ecrit par : Thomas pour l'équipe Solidaires du monde | 26.03.2010

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